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Je ne savais pas que je connaîtrais un autre toi


Performance à l'origine d'une installation, explorant l'univers affectif des relations entre les proches et les patients en soins palliatifs.


« Je ne savais pas que je connaîtrais un autre toi » (En portugais Eu não sabia que eu conheceria um outro você) explore les transformations provoquées par la maladie grave, le soin et la perte de reconnaissance, à travers la relation entre le corps, la mémoire et l'espace. Le projet naît de l'expérience d'accompagner un proche traversant un parcours de maladie et de transformation, et interroge la manière dont nous continuons à nous lier à quelqu'un qui demeure familier tout en se modifiant profondément — dans son corps, ses émotions, sa place sociale.

Il s'agit d'une performance musicale donnant lieu à une installation sonore, conçue par les artistes Thais Montanari, Nathalia Fragoso et Artur Miranda Azzi. La guitare en constitue l'axe central — pensée non comme un simple instrument, mais comme un corps en transformation. Déplacée de sa configuration habituelle, elle cesse de fonctionner comme un objet clos et stable pour révéler un réseau de relations entre matières, mémoires, sons, images et affects. La transformation de l'instrument devient ainsi la métaphore de celle d'une personne : un corps qu'il faut sans cesse réapprendre à reconnaître dans de nouvelles formes d'existence.

La pièce articule performance, installation sonore, éléments visuels et expérimentation musicale. Photographies, vidéos, lettres, objets personnels et traces du processus de soin viennent occuper l'espace, formant une sorte d'archive d'une trajectoire de vie — des fragments qui composent une présence en perpétuelle transformation.

Le public est invité à pénétrer dans un espace d'écoute et d'intimité, où les frontières entre instrument, corps, mémoire et espace se dérobent peu à peu. La pièce cherche à provoquer une réflexion sensible sur les processus de changement, sur les formes du soin, et sur la nécessité d'inventer de nouveaux modes de relation face à des corps et des identités qui se transforment.

Déroulé de la performance

 

La performance se construit comme un processus graduel de transformation de l'espace, de la guitare et des éléments scéniques, jusqu'à la formation d'une installation sonore et visuelle. 

L'action débute par une composition marquée par l'instabilité : une guitare disposée verticalement sur une chaise, l'une de ses cordes retenue seulement au chevalet, à côté d'une table de nuit portant une poche de sérum physiologique, d'une chaise vide et d'une table portant une boîte et une horloge. Cet ensemble initial crée un environnement traversé par des références au soin, au passage du temps et à la transformation provoquée par la maladie.

Au fil de la performance, la guitare est progressivement déconstruite puis reconstruite. Ses cordes, détournées de leur fonction habituelle, s'étendent dans l'espace et se relient aux chaises, aux murs, à d'autres objets : l'instrument devient un réseau spatial de relations, une sorte de porte-manteau de mémoires. En parallèle, des éléments sonores et visuels viennent s'ajouter à l'action — voix, textes, photographies, vidéos, objets personnels, traces d'une trajectoire de vie — formant une archive où différentes temporalités et identités se superposent.

La performance culmine dans la constitution d'une installation sonore et visuelle, résultat de l'action elle-même, dans laquelle le public est invité à circuler : un espace transformé par l'entrelacement de l'instrument, des objets, des images et des sons, où la guitare apparaît comme un corps étendu, en transformation permanente.

Vidéo de la performance



Vidéo de la performance